CROIX PETITE  TEMOIGNAGES

 

 

 

 

ELOYROY

 Les femmes qui suivaient Jésus 

 dessin de Eloy Roy 

  

 

DES SOEURS RACONTENT LEUR VOCATION

 

Comment m'est venue la vocation religieuse ?...et à Igny ?

Avec une de mes amies nous nous occupions de pas mal de choses dans notre paroisse, tout au moins de ce qui était possible pour des personnes habitant en banlieue parisienne et travaillant à Paris. Il y avait en particulier un groupe de jeunes filles sans étiquette d'action catholique, plutôt genre « cercle », dont nous assumions la responsabilité avec un des vicaires de la paroisse.

Nous étions à l'église presque toute la matinée du dimanche, à la schola pour la grand'messe, surveillant les enfants à leur célébration, quêtant à la messe de 11 heures ! et assurant entre les messes une petite bibliothèque paroissiale.

Un jour, je dis à mon amie : « On s'occupe de beaucoup de choses, il faudrait peut-être se ressourcer un peu, en faisant une petite retraite ». Elle me demande de m'en occuper. Je téléphone au Cénacle de Montmartre (hélas il n'existe plus...) et nous prenons date pour un prochain week-end.

Il fallait nous faire remplacer pour tout ce que nous assumions le dimanche, je lui dis : « Si nous disons qu'on va faire une retraite, ils vont penser : Elles veulent entrer au couvent ! » Elle me répond : « Vas-y d'abord, j'irai après! » - je ne savais pas que le Seigneur l'appelait déjà, mais qu'elle n'avait pas très envie de lui répondre !...

Nous y allons, sans trop nous presser d'ailleurs, un samedi pour le week-end.

Là, une sœur nous reçoit et - sans doute savait-elle y faire -, la conversation vient à un point où je lui demande « Mais comment sait-on qu'on a une vocation religieuse ?» A ce moment, question de simple renseignement, sans idée derrière la tête. Elle nous répond : « Nous, (elles sont de formation jésuite je crois, au Cénacle) on conseille de faire deux colonnes, les raisons contre et les raisons pour ». Je pense que ce n'est pas bête et après un temps à la chapelle, je m'en souviens et me mets à le faire.

Deux colonnes, une « contre » et une « pour ». La première était remplie du haut en bas de la feuille, il n'y avait qu'une seule chose écrite du bon côté ... et c'est celle-là qui l'a emportée. Je n'ai jamais dit à personne cette chose, cela est resté entre Lui et moi.

Là-dessus, il fallait préciser le comment et le où ... C'était le moment où avait paru un petit livre dont j'ai oublié l'auteur : « Trois ans à la Trappe ». Je connaissais La Trappe pour les hommes, je ne savais pas qu'il y avait aussi des monastères de femmes. Je connaissais et avais fréquenté Saint Wandrille plusieurs années pour le Jeudi Saint, car nous passions les vacances de Pâques dans ce coin. J'avais eu aussi l'occasion d'aller plusieurs fois chez les Bénédictines de Vanves où avait lieu des réunions ou des rencontres, je ne sais plus trop de quoi. J'y ai déjeuné une fois à la même table que Mgr Roncalli, alors Nonce à Paris !

Donc ce livre, pas trop favorable ! m'a tapé dans l'œil ou plutôt dans le cœur, et voilà comment je me suis tournée vers Igny pour faire ma première retraite.

Soeur Marie-Thérèse

  
 

La suite du Christ est une réponse d'amour

à l'amour de Dieu.

Si nous aimons c'est parce qu'il nous a aimés le premier.

Cela signifie reconnaître son amour personnel

avec cette profonde conscience qui faisait dire à l'Apôtre Paul:

« Le Fils de Dieu m'a aimé et s'est livré pour moi » …

Les vœux par lesquels les personnes consacrées

s'engagent à vivre les conseils évangéliques

confèrent tout leur caractère radical à la réponse d'amour.

La virginité élargit le cœur à la mesure de celui du Christ

et rend capable d'aimer comme il a aimé.

La pauvreté rend libre de l'esclavage

des choses matérielles et des besoins artificiels

auxquels pousse la société de consommation,

et elle fait redécouvrir le Christ,

l'unique trésor pour lequel il vaut vraiment la peine de vivre.

L'obéissance place entièrement la vie entre ses mains,

afin qu'il la réalise selon le dessein de Dieu

et en fasse un chef-d'œuvre.

Il faut avoir le courage d'entreprendre

une suite du Christ généreuse et joyeuse.

(Repartir du Christ n°22)