CROIX PETITE TEMOIGNAGES

 

 

 

 

ELOYROY

 Les femmes qui suivaient Jésus 

 dessin de Eloy Roy 

 

 

DES SOEURS RACONTENT LEUR VOCATION

 

Je suis née dans une famille chrétienne pratiquante. Nous n'étions pas riches, mon père était ouvrier menuisier aux Houillères du Pas de Calais.

J'ai suivi le caté, avec beaucoup de bonheur.

A l'âge de 11 ans, au moment de ma profession de foi, nous sortions tout juste de la guerre 1939-45 ; autour de moi, ce n'était que villes détruites, récits des souffrances atroces subies par les déportés de retour d'Allemagne. J'étais bouleversée et écœurée.

A 17ans, j'avais envie d'envoyer promener toute pratique religieuse.

J'avais compris qu'il ne fallait pas se tromper de camp dans certaines circonstances de la vie. Si les « idées » ou « la pensée » étaient des vecteurs pour trouver un sens à mon existence, il me fallait réfléchir et regarder autour de moi concrètement.

Les idées c'est bien mais quand on les met en pratique qu'est-ce que ça devient ?

L'histoire récente me montrait à l'évidence l’ambigüité et l'incohérence de beaucoup d'entre elles. J'étais dans l’embarras et une grande perplexité.

Spontanément je priais « Dieu » de m'aider dans cette embrouille. Et Il m'a répondu.

Un jour je suis tombée « par hasard » sur une interview de Lanza del Vasto. Son gourou en Inde lui avait conseillé de retourner en Europe car là étaient ses racines. Et Lanza disait que ses racines c'étaient la Bible.

Ça m'a fait tilt et j'ai acheté une Bible.

Justement c'était le moment où sortait en librairie La Bible de Jérusalem. Je l'ai achetée et j'ai lu en suivant, de la Genèse à l'Apocalypse.

Arrivée au Nouveau Testament, spécialement aux Evangiles, j'ai eu comme des écailles qui tombaient de mes yeux. C'était lumineux, évident, que là, le Christ était la Vérité parce qu'il y avait en Lui une cohérence inégalable.

Alors le reste a suivi. J'ai cherché à vivre en cohérence avec « ses » paroles et c'est dans la vie monastique cistercienne que j'ai trouvé le chemin.

Depuis, je m'efforce d'y marcher avec bien sûr des hauts et des bas, mais la vie communautaire m'aide à ne pas baisser les bras. On ne peut être chrétien tout seul.

Soeur Brigitte

 

Dans la vie religieuse contemplative

comme dans la vie apostolique,

ce sont toujours des hommes et des femmes de prière

qui ont réalisé de grandes œuvres,

en étant des interprètes authentiques de la volonté de Dieu

et en la mettant en pratique.

De la fréquentation de la Parole de Dieu,  ils ont reçu la lumière

pour le discernement individuel et communautaire

qui les a aidés à chercher les voies du Seigneur

dans les signes des temps.

Ils ont ainsi acquis une sorte d'instinct surnaturel

qui leur a permis de ne pas se conformer

à la mentalité du monde,

mais de renouveler leur esprit,

afin de pouvoir « discerner quelle est la volonté de Dieu,

ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait » (Rm 12, 2).

(Vita consecrata n°94)