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« Alors, le royaume des Cieux sera comparable à dix jeunes filles invitées à des noces, qui prirent leur lampe pour sortir à la rencontre de l’époux » (Mt 25,1)

Au commencement de l’histoire, il y a dix jeunes filles que rien ne distingue les unes des autres. Toutes sont invitées aux mêmes noces et toutes prennent leur lampe pour sortir à la rencontre de l’époux. Sans que nous en connaissions la raison, l’époux tarde à venir. Toutes s’endorment, les prévoyantes aussi bien que les insensées. Jusque-là, les dix jeunes filles vivent dans une égalité que rien ne semble devoir détruire. Mais le cri qui retentit au milieu de la nuit va bouleverser ce bel équilibre : « Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre ! » Une séparation va s’opérer entre les prévoyantes qui avaient emporté avec elles des flacons d’huile et les insouciantes qui n’en avaient pas avec elles.

L’époux ne fait aucun reproche aux jeunes filles imprévoyantes mais elles trouvent close la porte de la salle des noces quand elles reviennent après être allées acheter de l’huile chez les marchands. Faut-il alors nous scandaliser de l’égoïsme des jeunes filles prévoyantes qui ont refusé de partager leur huile avec celles qui en manquent ? Ce n’est pas en tout cas le but de la parabole. Pour le comprendre, remarquons justement que cette huile ne peut pas être prêtée pour être partagée. Elle est manifestement quelque chose de très personnel à la manière du désir. Aucun être humain ne peut désirer à la place d’un autre être humain et aucun disciple du Christ ne peut désirer à la place d’un autre disciple du Christ. Les jeunes filles munies de flacons d’huile sont celles qui entretiennent en elles le désir de l’époux alors que les imprévoyantes sont celles qui se laissent disperser par de multiples convoitises, au point de courir les magasins pour faire des provisions devenues inutiles au moment décisif.

C’est la qualité de leur désir qui fait la différence entre les jeunes filles prévoyantes et les jeunes filles insouciantes : « J’ai contre toi que ton premier amour, tu l’as abandonné » (Ap 2,4). Pour entrer dans la salle des noces, il est nécessaire d’avoir un cœur simple et unifié, un cœur capable de saisir l’essentiel et de reléguer le secondaire. Le détachement évangélique n’est pas indifférence envers les nécessités de la vie mais concentration sur la présence de Celui qui nous fait donner au quotidien son poids d’éternité.

« Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure. »

Père Jean-François Baudoz

(Homélie pour la fête de Ste Thérèse Bénédicte de la Croix / Edith Stein

- Evangile : Mt 25, 1-13)

 
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