CROIX PETITE PARTAGER LA PAROLE

 

 

 

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Entré dans la ville de Jéricho, Jésus la traversait. Or, il y avait un homme du nom de Zachée ; il était le chef des collecteurs d’impôts, et c’était quelqu’un de riche. Il cherchait à voir qui était Jésus, mais il ne le pouvait pas à cause de la foule, car il était de petite taille. Il courut donc en avant et grimpa sur un sycomore pour voir Jésus qui allait passer par là. Arrivé à cet endroit, Jésus leva les yeux et lui dit : « Zachée, descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison. » Vite, il descendit et reçut Jésus avec joie. Voyant cela, tous récriminaient : « Il est allé loger chez un homme qui est un pécheur. » Zachée, debout, s’adressa au Seigneur : « Voici, Seigneur : je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens, et si j’ai fait du tort à quelqu’un, je vais lui rendre quatre fois plus. » Alors Jésus dit à son sujet : « Aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison, car lui aussi est un fils d’Abraham. En effet, le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. » (Lc 19, 1-10)

La brebis égarée que cherche le berger, la pièce d’argent que la femme cherche avec soin, le fils perdu dont le Père guette le retour, voilà autant de paraboles que Jésus met en œuvre dans ce passage d’évangile : « Il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion » (Lc 15,7).

L’histoire de Zachée est celle d’une rencontre joyeuse. Une rencontre entre deux personnes en mouvement. Zachée, le collecteur d’impôts mal considéré par ses compatriotes, n’a pas hésité à se mêler à la foule et à grimper sur un sycomore pour voir Jésus. Peut-être n’est-il pas satisfait par sa condition ou par sa situation ? Peut-être cherchait-il un sens à sa vie ? Étant donné la vitesse avec laquelle il descend de son arbre, on peut supposer qu’il n’attendait qu’un mot, qu’il était ouvert à l’imprévu, à l’imprévu de Dieu.

En tout cas, l’appel que lui lance Jésus est inattendu. Mais Dieu a l’art de trouver ceux qui le cherchent, même à tâtons. Et, dans ce cas, c’est Lui qui prend l’initiative, c’est Lui qui s’invite. C’est bien dans la manière de Dieu, beaucoup pourraient en témoigner : ceux qui se sont soudainement convertis, ceux à qui une vocation est devenue un choix possible, ceux pour qui le sens de la vie a brusquement changé de cap. Ils sont entrés dans une église, ils ont fait une rencontre marquante, ils ont lu un livre par curiosité… Et voilà que Dieu les interpelle : « Descends vite ! » ou « Viens et suis-moi ! » Et voilà que ce qu’ils cherchaient depuis longtemps, parfois sans le savoir, se révèle à eux et les remplit d’une joie inexprimable.

Une vraie rencontre est toujours décisive. Combien plus quand il s’agit d’une rencontre avec le Christ ! Quel élan pousse Zachée ! Au point même que ses résolutions sont quelque peu démesurées : « Je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens, et si j’ai fait du tort à quelqu’un, je vais lui rendre quatre fois plus. » Mais comment ne pas être prodigue quand on est soi-même l’objet de la prodigalité de Dieu ? Comment ne pas donner quand on est pardonné ?

« Aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison. » L’aujourd’hui de Dieu, Jésus l’a sans doute expliqué à Zachée quand ils se sont mis à table. Quelle belle hospitalité réciproque ! Jésus s’invite chez Zachée qui le reçoit tout joyeux. Jésus n’est jamais mesquin quand il s’agit de repas. Il s’invite à la table des pécheurs, au risque de scandaliser les bien-pensants. Mais il se laisse aussi inviter et il va prendre son repas chez Simon le pharisien. Et quand Jésus lui-même invite, quelle prodigalité ! Le dernier repas auquel il invite ses disciples est le banquet au cours duquel il offre sa vie. Aucune retenue chez lui, aucun calcul. Tout est don !

Aujourd’hui même, Jésus s’invite à notre table qui est aussi la sienne. Même si nous sommes pécheurs, Jésus peut nous faire sortir du rang des exclus pour nous intégrer dans la communauté de ses disciples. Aujourd’hui encore, Dieu est impatient de faire de nous des saints ! Ceux que nous fêterons bientôt se sont laissé dire par Dieu : « Aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison. » Et tous lui ont donné l’hospitalité !

           Père Jean-François Baudoz

 
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