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CAREME2015SUITE

 

 

sus se mettait en route quand un homme accourut et, tombant à ses genoux, lui demanda : « Bon Maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle en héritage ? » Jésus lui dit : « Pourquoi dire que je suis bon ? Personne n’est bon, sinon Dieu seul. Tu connais les commandements : Ne commets pas de meurtre, ne commets pas d’adultère, ne commets pas de vol, ne porte pas de faux témoignage, ne fais de tort à personne, honore ton père et ta mère. » L’homme répondit : « Maître, tout cela, je l’ai observé depuis ma jeunesse. » Jésus posa son regard sur lui, et il l’aima. Il lui dit : « Une seule chose te manque : va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres ; alors tu auras un trésor au ciel. Puis viens, suis-moi. » Mais lui, à ces mots, devint sombre et s’en alla tout triste, car il avait de grands biens. Alors Jésus regarda autour de lui et dit à ses disciples : « Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! » Les disciples étaient stupéfaits de ces paroles. Jésus reprenant la parole leur dit : « Mes enfants, comme il est difficile d’entrer dans le royaume de Dieu ! Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. » De plus en plus déconcertés, les disciples se demandaient entre eux : «Mais alors, qui peut être sauvé ?» Jésus les regarde et dit:
« Pour les hommes, c’est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu. » (Mc 10, 17-27)

« Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? » Cet homme a bien compris que ni la vie éternelle ni le royaume ne sont un droit. C’est un héritage, donc un don à accueillir. Aucune revendication donc dans sa question mais un désir de bien faire.

Comme il l’avait fait avec les pharisiens qui l’interrogeaient à propos du mariage (Mc 10,3), Jésus renvoie l’homme aux commandements. Or, voilà que cet homme pressent que la seule observance de la Loi, ne suffit pas. Il y a en lui un vide : « Que me manque-t-il encore ? » C’est à partir de cette prise de conscience du manque que Jésus peut emmener l’homme beaucoup plus loin : « Une seule chose te manque : va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor dans le ciel ».

Voilà tout le paradoxe de la vie à la suite du Christ : à celui qui veut posséder la vie éternelle, Jésus demande de se déposséder. C’est seulement alors qu’est possible la mise en route : « Puis viens et suis-moi ! ».

L’homme s’assombrit en entendant les paroles de Jésus. Sa tristesse vient de ce qu’il est en train de percevoir. Jésus lui propose une autre voie que celle de la sécurité que donne l’observance des commandements. Une voie plus risquée parce qu’elle oblige celui qui l’emprunte à renoncer à tout ce qu’il garde pour lui et à entrer dans une relation à Dieu qui passe par le chemin du Fils de l’homme.

« Pour les hommes, cela est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu. »

Père Jean-François Baudoz

 

 
CAREME2015FIN