CROIX PETITE AMEDEE DE LAUSANNE

 

 

 

 

"Il est là, celui en qui nous espérons" 

 

 auteurs cisterciens 2

 

Que va signifier pour nous de progresser jusqu'à ces saints mystères de Dieu ?

Dans quelle ligne poursuivrons nous le chemin commencé ?

Voici qu'en même temps un épais brouillard et une nuée des plus éclatantes

entravent notre marche.

L'eau que saint Ezéchiel vit sortir du Temple,

recouvrant non seulement talons et genoux, mais reins et cou,

nous submerge afin que nous ne puissions pas traverser.

Pourtant il est là, celui en qui nous espérons,

en qui, depuis la prime jeunesse, nous avons été formés à mettre notre confiance,

qui fait s'épancher nos âmes

et nous élève au-dessus de nous-mêmes,

rendant nos pieds comme ceux des cerfs pour nous emmener sur nos hauteurs,

dressant pour nous un observatoire sur la montagne,

en compagnie de Moïse et Elie,

afin que nous puissions contempler à visage découvert ce que nous cherchons.

Il nous sera montré que là est le bien,

là nous serons instruits plus pleinement de la vision du Seigneur.

Que si nous voulons nous approcher de cette obscurité dans laquelle il demeure,

une fois entrés au sein de la nuée,

terrifiés aussi par la grandeur de cette immensité,

nous ne résisterons pas,

nous nous retrouverons comme réduits à rien.

Dieu en effet habite une lumière inaccessible,

son éclat consume les chairs comme paille,

sa face, personne ne peut la voir et vivre,

son immensité, les anges eux-mêmes sont incapables de la scruter,

de lui, aucune puissance n'approche,

si ce n'est celle qui est unie au Verbe dans une unité de personne.

Ainsi rendons gloire à Dieu,

et tombant sur nos visages,

adorons de loin les traces de la Trinité,

croyant de coeur et confessant de bouche,

parce que tout ce que nous percevrons ou dirons de lui,

est au-dessous de lui.

Amédée de Lausanne - Homélie III  

 

AMEDEE DE LAUSANNE

(1110-1159)

 

Entré avec son père,

Amédée de Clermont,

seigneur de Hauterive (Drôme),

à l'abbaye cistercienne de Bonnevaux

alors qu'il n'avait pas encore dix ans,

il fut bientôt confié par celui-ci

à son parent Conrad,

futur empereur d'Allemagne,

afin qu'il pourvoit à ses études.

N'ayant point de goût

pour le métier des armes,

le jeune homme quitta la cour en 1125

et vint se faire moine à Clairvaux.

En 1139 il est élu abbé de Hautecombe

en Savoie,

puis, en 1144,

consacré évêque de Lausanne.

Nous avons de lui huit homélies

en l'honneur de la Vierge Marie

et une lettre à ses fils spirituels

de l'église de Lausanne.