CROIX PETITE  LOUISE DE BALLON

 

 

 

 

 "Voir en Dieu tout notre bien" 

 

 auteurs cisterciens 2

 

Je l'ai déjà dit ailleurs,

je le redis ici,

et je ne le saurais assez redire,

comme Dieu me fait voir que sans lui on ne peut rien du tout,

quelque bien avantagé que l'on soit,

et combien il importe de comprendre bien cette vérité,

et de la conserver vive en soi.

Il est vrai que la foi nous l'apprend à tous,

mais elle est souvent morte et comme anéantie en nous,

attendu que, dans un sens, elle n'est rien sans les bonnes oeuvres,

que c'est comme si nous ne l'avions pas.

Or un des moyens de la tenir vive en nous par les bonnes oeuvres,

c'est de voir en Dieu tout notre bien,

de le regarder lui-même comme notre vrai bien,

et de recourir en tout à lui,

surtout dans l'entreprise de nos bonnes oeuvres,

d'y recourir, dis-je,

comme à celui qui les veut commencer par nous,

qui peut seul faire réussir tous nos desseins,

et sans qui nous ne pouvons que tout gâter et tout ruiner.

Aussi a ce souvent été une de mes plus grandes consolations,

de voir et de considérer

que Dieu peut tout

et que je ne puis rien.

Cela m'a servi de force pour surmonter les difficultés que je trouvais

dans le bien que je voulais faire.

Car sans cette vérité,

que j'ai tâché de me rendre toujours présente,

je me fusse souvent rebutée,

au lieu que je me suis raidie contre les obstacles

à la faveur de la même vérité,

laquelle, comme maitresse de son esprit, m'a fait rejeter

les regards d'appréhension,

les respects humains,

et autres semblables considérations.

Louise de Ballon - Oeuvres de piété, ch.IV  

 

LOUISE DE BALLON

(1591 - 1668)

 

Née au château de Vanchy,

près de Bellegarde (Ain),

Louise ressentit un attrait précoce

pour la vie de prière

et de recueillement.

Agée seulement de sept ans,

elle fut confiée

aux moniales cisterciennes

de Sainte-Catherine, près d'Annecy.

Dès 1607,

année où elle prononça ses voeux,

elle se confia à la direction spirituelle

de François de Sales, son cousin.

En 1617, au cours d'une retraite

à la Visitation d'Annecy,

naquit en elle le désir d'une réforme,

mais elle dut attendre 1622

avant de pouvoir la mettre en oeuvre

à Rumilly (Savoie).

D'autres fondations suivirent.

"Les oeuvres de piété

de la Vénérable Mère

Louise-Blanche-Thérèse de Ballon"

furent éditées à Paris en 1700.

La fondatrice

des bernardines réformées

insiste avant tout sur l'oraison,

l'intériorité, l'humilité,

la mort à soi-même, la simplicité.