CROIX PETITE JEAN DE FORD

 

 

 

 

 "Ecoute, Eglise de Dieu" 

 

 auteurs cisterciens 2

 

Ecoute, Eglise de Dieu,

écoute, prête l'oreille,

car c'est à toi que l'on parle,

et toi seule es dotée d'une oreille pour entendre.

Ecoute, dis-je,

quelle Majesté t'a aimée,

et depuis combien longtemps elle t'a aimée,

et avec quelle gratuité elle t'a aimée,

et à quel point elle t'a aimée.

A tout cet amour, il te faut répondre de toute ta force ;

fais attention à la façon dont tu réponds.

Il est grand, par delà toute extrême, Celui qui t'aime,

et tu ne peux, indigne assurément de cet amour,

payer de retour une telle considération.

Mais acquitte-toi du peu que tu possèdes :

oui, vraiment, de tout ce que tu peux

et de tout ce que tu es ;

et cela lui suffit.

En effet, il ne réclame pas ton amour en vue de tirer profit de toi,

puique, comparé à son amour,

le tien est comme la goutte d'un seau.

Et quand bien même il pourrait être un fleuve,

tous les fleuves se jettent dans la mer,

et la mer ne débordera pas.

Du reste, il est tout à fait à ton avantage,

ayant reversé dans sa plénitude tout ce que tu as d'amour,

de revendiquer pour toi,

en retour de la part limitée qui est la tienne,

toute la plénitude,

et d'être établie sur tous les biens de ton Seigneur ...

Dieu t'a donc aimée depuis l'éternité ;

toi, dorénavant, aime-le et pour toujours.

Pour lui, aimer n'a pas eu de commencement :

que pour toi aimer ne trouve pas de fin.

Jean de Ford - Sermon 13,6 sur le Cantique  

 

JEAN DE FORD

(vers 1145 - vers 1214)

 

Né dans le Devonshire (Angleterre),

il entra à l'abbaye cistercienne de Ford,

fondée une dizaine d'années plus tôt.

Il fut le secrétaire de Baudouin

qu'il accompagna plusieurs fois

au chapitre général de Cîteaux,

et par la suite devint son prieur.

En 1186, il fut désigné

comme abbé de Bindon,

monastère fondé par Ford en 1172.

Il sera élu abbé de Ford en 1192.

Au cours des dix dernières années

de sa vie,

il travailla à l'achèvement

du commentaire sur le Cantique

commencé par Bernard de Clairvaux

et poursuivi par Gilbert de Hoyland.

Rédigés dans un style très personnel,

ces 120 sermons sont

d'une grande richesse spirituelle.