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CROIX PETITE AUTEURS CISTERCIENS

 

 

 

BAUDOUIN DE FORD ( ? - 1190)

Né dans le sud-ouest de l'Angleterre, il fit ses études à Exeter, dans le Devonshire, et fut archidiacre de Totnes. Il entra à l'abbaye de Ford en 1169 et fut élu abbé en 1175. Promu à l'évêché de Worcester en 1180, il devint archevêque de Canterbéry en 1184 et accompagna Richard Coeur de Lion à la croisade, au titre d'aumônier du roi. Ses nombreux écrits manifestent une culture très étendue. A noter particulièrement son ouvrage "Du sacrement de l'autel" et ses seize Traités ou Sermons. 

auteurs cisterciens 2 

Nous devons aimer Dieu, non en parole ou de langue, comme l'ont aimé ceux dont il est écrit : ils l'ont aimé de bouche et de leur langue ils lui ont menti ; nous devons, dis-je, aimer Dieu de telle sorte que cet amour se manifeste en actes et en vérité. Dieu qui, en soi, n'a pas besoin de  bienfaits, nous a pour ainsi dire confiés nos frères et nos proches qui, eux, en ont besoin, afin qu'ils reçoivent à sa place les bienfaits que nous devions lui rendre. Que personne donc ne se flatte d'aimer Dieu, que personne ne s'abuse en croyant aimer Dieu : il ne l'aime pas, s'il n'aime pas son prochain.

Si l'homme, quel qu'il soit, n'a pas de quoi expérimenter et éprouver sa propre valeur, qu'il aime son prochain afin d'aimer aussi son Dieu. S'il n'aime pas son prochain qu'il voit, qu'il a sous les yeux, qui lui a été en quelque sorte confié par Dieu afin d'acquitter auprès de lui sa dette d'amour, comment peut-il prétendre aimer Dieu qu'il ne voit pas, qui ne se montre pas de façon immédiate et qui, de fait, ne manque de rien ? Car peut on rendre des bienfaits à Dieu si ce n'est en les rendant à celui-là en qui Dieu se montre indigent, lui qui, en soi, n'a besoin de rien ? 

C'est Dieu, en effet, qui, dans ses membres, demande et reçoit, est aimé ou méprisé. Grâce à cet amour du prochain, comme par un noeud d'amour et un lien de paix, nous retenons et conservons en nous la charité de Dieu et l'unité de l'Esprit. Celui qui n'aime pas son frère, s'éloigne de cette unité spirituelle, il n'aime pas Dieu et ne vit pas de l'Esprit de Dieu, mais de son propre esprit, parce qu'il vit dès lors pour soi et non pour Dieu.

Baudouin de Ford - Traité 15

CROIX PETITE

Voici encore un autre sacrifice, celui de la miséricorde, que le Seigneur lui-même exalte en ces termes : « C’est la miséricorde que je désire, non le sacrifice ». Ainsi, Dieu désire la miséricorde, comme il en témoigne à propos de lui-même. Et il n’est presque rien qu’il désire autant, presque rien qu’il n’accueille davantage que la miséricorde. De cela, il est facile de conclure - puisque toute vertu fait approcher l’être humain de la justice - que la miséricorde, de par sa valeur spirituelle exceptionnelle, est la seule à porter le même nom que la justice, ainsi qu’on lit : « Il a distribué, il a donné aux pauvres, sa justice demeure pour les siècles des siècles » … 

La miséricorde s’avère très nécessaire au salut, au point que, sans elle, il ne peut y avoir de salut. C’est elle qui se révèle très forte et très efficace pour obtenir la miséricorde du Dieu de miséricorde ... Le bienheureux Paul aussi, lui qui fait l’éloge de la discipline personnelle au point d’affirmer que ceux qui s’en excluent ne sont pas des fils, compare la miséricorde avec la discipline. Ce qui l’amène à dire : « L’exercice physique ne sert pas à grand-chose ; la bonté, elle, est utile à tout, car elle a la promesse de la vie présente et à venir ». 

 Sermon 7 n°19 … 21-22

auteurs cisterciens 

Abbaye cistercienne Notre Dame du Val d'Igny, 51170 Arcis Le Ponsart