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TEMOIGNAGES |
Des soeurs racontent leur vocation ...
Donner mon témoignage, c’est avec joie que je le fais. Le seul problème ? Ce fut tellement simple que je crains de ne pas remplir une page ! En gros, ma vocation remonte à 60 ans. Je suis née dans une famille chrétienne : 5 enfants et 3 cousins germains, orphelins, recueillis par mes parents. Permettez un souvenir d’enfance. Nous étions donc 8, un jour, nous étions tous sur le pas de la porte qui donnait sur la N71, quelqu’un passe et demande : « Vous êtes tous frères et sœurs ? » Et moi de répondre, sans doute pour ne pas gêner les petits cousins : « Nous sommes tous des Mestanier ». Pour en venir à la vocation, c’est au jour de ma confirmation que tout a commencé. Après nous avoir parlé, le Père Evêque, Mgr Sembel, terminait en disant : « J’espère que parmi vous, il y aura quelques prêtres et quelques religieuses ». Et moi, j’ai entendu très nettement : « Ça c’est pour toi, ma fille ». Vous imaginez la suite, et jusqu’à 24 ans je n’en ai parlé à personne, de peur qu’on me pousse ou m’attire.
Jusqu’au jour où notre curé, un jeune prêtre, me pose la question : « Simone, est-ce que tu as déjà pensé à la vie religieuse ? » Comme je ne pouvais pas mentir, je réponds : « Bien sûr, je ne fais que cela ». « Eh bien, me dit-il, viens me voir demain, on en parlera ». Et c’était parti. Comme je lui ai dit que ce qui m’intéressait, c’était uniquement la prière, il a dû contacter Dom Jean Chanut de l’abbaye de Cîteaux. Celui-ci est passé à la maison. Il m’a conseillé d’aller faire une retraite à l’abbaye de la Grâce-Dieu, ce que j’ai fait au début de l’année 1956. Au retour, le jeune prêtre me demande : « Ça t’a plu ? » Devant mon peu d’enthousiasme, lui de conclure : « Eh bien tant mieux, ce ne sera pas un feu de paille ! » Et le 15 octobre j’entrais au monastère.
Et voilà, ce ne fut pas un feu de paille puisqu’il y aura bientôt 60 ans que je frappais à la porte de la Grâce-Dieu où je fus très heureuse. Pour en revenir au passé, si je n’ai fait que l’école primaire, par contre j’ai eu la chance de faire de la musique et du violon, ce qui m’a beaucoup apporté. Et maintenant, à défaut de violon, j’accompagne les offices liturgiques de sexte et de complies à la cithare. Enfin, bref, je suis très heureuse à l’abbaye du Val d’Igny. Je souhaite et prie le Seigneur que beaucoup de jeunes entendent son appel et y répondent, pour leur plus grand bonheur.
Soeur Simone



