CROIX PETITE AU FIL DE LA LITURGIE

 

6EME DIMANCHE DE PAQUES (ANNEE C) - 26 MAI 2019

 


Evangile selon saint Jean (14, 23-29)    

Jésus disait à ses disciples :
    « Si quelqu’un m’aime,
il gardera ma parole ;
mon Père l’aimera,
nous viendrons vers lui
et, chez lui, nous nous ferons une demeure.
    Celui qui ne m’aime pas
ne garde pas mes paroles.
Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi :
elle est du Père, qui m’a envoyé.
    Je vous parle ainsi,
tant que je demeure avec vous ;
    mais le Défenseur,
l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom,
lui, vous enseignera tout,
et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit.

    Je vous laisse la paix,
je vous donne ma paix ;
ce n’est pas à la manière du monde
que je vous la donne.
Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé.
    Vous avez entendu ce que je vous ai dit :
Je m’en vais, et je reviens vers vous.
Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie
puisque je pars vers le Père,
car le Père est plus grand que moi.
    Je vous ai dit ces choses maintenant,
avant qu’elles n’arrivent ;
ainsi, lorsqu’elles arriveront,
vous croirez. »

  ciergepascal


Homélie de Père Jean-François Baudoz

« Je m’en vais », dit Jésus dans la page de son testament que nous continuons d’entendre de dimanche en dimanche. Et il ajoute : « Ne soyez pas bouleversés et effrayés… Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie, puisque je pars vers le Père. » Un peu plus loin, il précisera même : « Il vous est bon que je m’en aille. » (Jn 16,4)

Nous le savons bien : pour être valide, un testament suppose la séparation et la mort est une donnée incontournable de la condition humaine. Mais ce qui vaut de manière absolue quand il est question de la mort vaut aussi pour notre vie humaine la plus ordinaire Il n’y a pas de relation vraie entre deux personnes s’il n’y a en même temps une certaine mise à distance. Mieux encore, pour être féconde, toute relation appelle une mise à l’écart. La vie naît de la séparation : c’est la première expérience du petit d’homme qui, pour vivre, doit se séparer de sa mère.

La séparation est promesse d’épanouissement. C’est le paradoxe de toute vie humaine, de toute vie chrétienne, de toute vie spirituelle.

Ce fut l’expérience d’Abraham qui, pour obtenir la terre que Dieu voulait lui donner, dut quitter son pays, sa parenté et la maison de son père. Ce n’est qu’à ce prix qu’il lui a été donné de devenir le père des croyants. Fécondité exceptionnelle, à comparer avec le nombre des grains de sable ou des étoiles du ciel, que l’homme n’est pas encore parvenu à compter.

Ce fut aussi l’expérience de Jésus qui, pour aller au Père, dut faire le deuil de ses disciples. Oui, il faut que Jésus s’en aille pour qu’il laisse son héritage. D’après l’évangile d’aujourd’hui, son héritage, c’est le don de la paix : « C’est la paix que je vous laisse ; c’est ma paix que je vous donne. »

Il précise qu’il ne donne pas la paix à la manière du monde. Le monde signe des armistices et la paix n’est bien souvent qu’un équilibre précaire. « Je vous donne ma paix. » La paix que laisse Jésus, c’est celle qui prend naissance dans sa mort. C’est le sang du Fils, répandu pour la multitude, qui est le sceau de la paix. Une paix véritable et profonde entre ceux qui communient au même corps et qui se savent membres du même corps, alors même que subsistent leurs différences et peut-être même leurs divisions.

La paix ne se réduit pas à l’absence de conflit. Elle est plénitude de vie et c’est la raison pour laquelle elle est le don des temps nouveaux que Jésus inaugure : « Partout où vous passerez, vous direz : paix à cette maison ! » Souhaiter la paix ou échanger un geste de paix n’est pas qu’un signe de sympathie ou d’amitié. Il a valeur d’engagement. Donner la paix à son voisin, c’est s’engager à vivre de l’Esprit du Christ avec lui et avec ceux qu’il représente en tant qu’il est frère.

On donne la paix à ses voisins juste avant la communion, c’est-à-dire juste avant de communier au Corps et au sang du Christ et de manifester l’unité du Corps qu’est l’Eglise. Que nos gestes ne trahissent pas le sens dont ils sont porteurs ! Mais rappelons-nous que si nous pouvons donner la paix, c’est parce qu’elle est d’abord le don que le Christ fait à son Eglise ! « C’est la paix que je vous laisse ; c’est ma paix que je vous donne. » Il n’est de paix que venant du Christ et c’est la paix qui vient de lui -et non de nous- que nous transmettons.

Que nous soyons tous, là où nous sommes, témoins et ouvriers de la paix qui vient de Dieu !

  COMMUNION

 

      Pour la méditation quotidienne : 

 

      https://www.aelf.org/ 

 

      http://bibleetviemonastique.free.fr/ 

 

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AFL2

Dieu tout puissant,

accorde-nous, en ces jours de fête,

de célébrer avec ferveur le Christ ressuscité :

que le mystère de Pâques dont nous faisons mémoire

reste présent dans notre vie et la transforme.