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CROIX PETITE LES AUTEURS CISTERCIENS

 

 

ADAM DE PERSEIGNE (vers 1145 - 1221)

Né de famille serve, il fut d'abord chanoine régulier, puis bénédictin à Marmoutiers, avant d'entrer à l'abbaye cistercienne de Pontigny où il exerça la charge de maître des novices. En 1188 il devint abbé de Perseigne, près d'Alençon. Ses lettres, qui se présentent comme de petits traités de spiritualité, témoignent de son influence aussi bien dans le monde monastique qu'auprès des grands du siècle. Il a également composé des sermons de qualité.

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" Partage ton pain avec ton ami qui mendie affamé ; tu feras vraiment preuve d'amitié, si tu rassasies de ton pain la faim de ton ami. Ton pain, c'est le Christ ; ton pain, c'est ta charité ; ton pain, c'est ta prière ; ton pain, c'est la componction des larmes qui efface non seulement tes fautes, mais encore celles de ton ami. 

C'est de ces pains-là que le saint Prophète se rassasiait jour et nuit ; il l'affirme lorsqu'il dit : "Mes larmes furent mon pain, le jour et la nuit". Assurément, plus il avait faim de se rassasier de ces pains, plus il devenait fort pour porter les fardeaux des autres. La réfection de ce pain céleste fortifie si bien le coeur de l'homme qu'il peut tenir bon dans les tribulations et qu'il décide, parce qu'aussi il en a la force, d'aider ses frères à porter leurs fardeaux. 

Certes, celui qui se nourrit de ces pains devient si fort, il est lesté d'un tel poids, que les pensées vaines et inutiles ne peuvent plus, je ne dis pas le renverser, mais difficilement l'émouvoir. Tandis, en effet, que l'âme au travail dans la vigne du Seigneur se réconforte et se rassasie du pain des Ecritures ou de celui des larmes, elle n'est ni poussée ni agitée par le souffle des diverses pensées. Ces pensées, du fait qu'elles sont vaines, ne peuvent faire dévier de sa ferme rectitude un esprit fortifié par l'habitude d'une telle nourriture".

Adam de Perseigne - Lettre VII à Osmond

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Les eaux se puisent aux sources du Sauveur quand, des blessures du Christ, les lèvres de la foi tirent des ruisseaux de grâce. Aussi les blessures des pieds sont elles des sources, mais des sources d’huile ; les plaies des mains des sources de baume, la plaie du côté une source de vin.

Comment cela, me dites-vous, puisque de toutes ces plaies on ne voit couler que du sang ? Voici comment : l’huile guérit, le baume parfume, le vin enivre. L’huile est la miséricorde qui reçoit le coupable aux pieds de Jésus, lorsqu’il demande humblement pardon : voici, vous le voyez, l’huile qui coule des pieds.

Comme le baume coule des sources des mains, il est la précieuse réputation de justice que reçoit le juste de la générosité du Christ. Le coupable se contente de recevoir son pardon ; le juste n’est pas satisfait s’il n’obtient aussi la gloire des vertus.

La miséricorde concède le pardon à celui qui s’est humblement prosterné aux pieds du Christ ; sa générosité accorde la gloire des vertus à celui qui, dans la force de son âme, se tient debout pour bénéficier de la générosité des mains du Christ. Enfin du cellier à vin de son côté percé jaillit le vin de la merveilleuse et vivifiante charité.

Adam de Perseigne - Lettre III n°37

auteurs cisterciens

Abbaye cistercienne Notre Dame du Val d'Igny, 51170 Arcis Le Ponsart