
1er AVRIL
L'an du Seigneur 1132, saint Hugues, évêque de Grenoble. Il appliqua la réforme de l'Eglise entreprise par Grégoire VII et favorisa la renaissance du monachisme en établissant l'Ordre bénédictin en Chalais et en conduisant saint Bruno et ses compagnons au désert de la Grande Chartreuse.
2 AVRIL
L'an du Seigneur 1507, la naissance au ciel de saint François de Paule, ermite calabrais qui groupa ses nombreux disciples en une nouvelle famille religieuse, l'Ordre des Minimes. Mandé par le roi de France Louis XI, gravement malade, il l'assista jusqu'à sa mort, dans sa résidence de Plessis les Tours où lui-même rendit l'esprit.
L'an de grâce 306, à Césarée de Palestine, le martyre de saint Apphianos, jeune noble remarquable par la pureté de ses moeurs et ses connaissances étendues. Quand on l'interrogeait sur sa condition, son origine, son domicile, il répondait imperturbablement : "Je suis serviteur du Christ".
Au Vème siècle, sainte Marie l'Egyptienne. Elle renonça à sa vie scandaleuse après avoir obtenu la grâce d'adorer la sainte Croix à Jérusalem, puis se retira au désert de Palestine.
4 AVRIL
En 636, la naissance au ciel de saint Isidore, évêque de Séville, honoré comme le docteur de l'Eglise d'Espagne et comme l'un des maîtres du Moyen-Age, pour avoir transmis la culture de l'antiquité par ses ouvrages encyclopédiques, religieux ou profanes. On le considère aussi comme l'un des initiateurs de la liturgie mozarabe.
Vers 1110, la bienheureuse Aleth, mère d'une nombreuse famille chrétienne, qui compta parmi ses enfants le futur saint Bernard de Clairvaux.
L'an du Seigneur 1589, saint Benoît le More, franciscain d'origine africaine qui se consacra au service de son couvent en Sicile, à l'exemple du Christ venu, non pour être servi, mais pour servir et sauver les hommes de toute race, langue et peuple.
En 1920, à Cheiklé près d'Akbès en Syrie, la passion du Père Philippe, moine cistercien. Il était resté seul au monastère quand surgirent des Turcs kémalistes. Ceux-ci lui demandèrent s'il croyait vraiment que Jésus crucifié, dont il portait l'image sur la poitrine, est le rédempteur ; il le confessa. "Alors, lui dirent-ils, nous allons te faire pareil" et ils le clouèrent sur une porte les bras en croix. Son agonie dura deux jours.
5 AVRIL
L'an du Seigneur 1258, à l'abbaye cistercienne de Villers, la sépulture de sainte Julienne, religieuse augustine de Mont-Cornillon, au diocèse de Liège. Plusieurs maisons cisterciennes, en particulier Salsines, furent pour elle un asile dans les persécutions que lui valut sa mission. Elle fut en effet appelée, par révélations, à faire instituer dans l'Eglise la fête du Très Saint Sacrement.
7 AVRIL
Mémoire de saint Jean-Baptiste de la Salle qui fonda à Reims, sa ville natale, l'institut des Frères des Ecoles chrétiennes, au service de l'enseignement populaire. Il contribua à l'essor de son oeuvre en acceptant dans le silence les humiliations sans nombre qui lui vinrent de ses plus proches collaborateurs.
9 AVRIL
En Mésopotamie, au Vème siècle, saint Acace, évêque, qui, pour racheter des prisonniers de guerre persans, fit fondre et vendre les vases sacrés de son église.
10 AVRIL
L'an du Seigneur 1029, saint Fulbert. Après avoir été précepteur du fils du roi Hugues Capet, il fut promu au siège épiscopal de Chartres, où il ouvrit une école de théologie réputée. Sa dévotion envers le mystère de la Nativité de Notre-Dame fut à l'origine de la construction de la cathédrale de cette ville, célèbre par ses vitraux riches en couleurs et par son pèlerinage attirant le peuple de France en terre beauceronne.
11 AVRIL
L'an de grâce 1079, la naissance au ciel de saint Stanislas. Elu au siège métropolitain de Cracovie, il n'hésita pas à excommunier le roi de Pologne, dont les débauches faisaient scandale ; mais il paya de sa vie son courage et sa droiture. Cette mort glorieuse provoqua plus tard la conversion du roi et lui valut d'être honoré comme l'un des patrons de la Pologne catholique.
12 AVRIL
Au IVème siècle, saint Zénon, évêque d'origine africaine élu au diocèse de Vérone. Il apparaît comme un témoin de la doctrine baptismale, "mystère de la fécondité de l'Eglise vierge et mère".
En 1927, le bienheureux Joseph Moscati, professeur à la faculté de médecine de Naples, qui mit ses compétences au service de la recherche scientifique, en même temps qu'il soignait gratuitement les malades les plus nécessiteux.
13 AVRIL
A Rosendal, près de Malines en Belgique, la bienheureuse Ida de Louvain, moniale. Elle demeura longtemps chez les siens où elle menait une vie pénitente, vouée à l'amour du Christ et aux oeuvres de charité. Comblée de grâces mystiques, elle reçut dans sa chair les stigmates de Jésus crucifié, mais obtint de Dieu que rien n'en parut au dehors. A son gré trop remarquée dans le monde, elle demanda son admission chez les cisterciennes où elle travailla à la transcription des livres et jouit de nouveaux charismes.
14 AVRIL
En Orient, saint Ardalion, comédien qui parodiant un jour en public les mystères chrétiens, fut subitement touché par la grâce ; il se proclama alors chrétien devant les spectateurs qui demandèrent sa mort.
L'an de grâce 1117, saint Bernard de Tiron. Avec Robert d'Arbrissel dans le Maine-Anjou, Pierre de l'Etoile en Berry, Vital en Normandie et Raoul de la Fustaie en Bretagne, il fut l'un des animateurs du mouvement monastique du XIème siècle, en fondant dans une forêt du diocèse de Chartres un nouveau monastère qui devint, plus tard, le centre d'une Congrégation bénédictine.
15 AVRIL
Le jour de Pâques 1607, le bienheureux César de Bus. Originaire de Cavaillon, sur les bords de la Durance, il renonça à sa vie de gentilhomme mondain pour se faire prêtre, puis fonda la Congrégation des Pères de la Doctrine chrétienne qui, à la veille de la Révolution, comptait en France soixante-quatre maisons, collèges ou séminaires.
16 AVRIL
Au VIème siècle, saint Paterne, évêque d'Avranches. D'abord moine dans le diocèse de Poitiers, il gagna une solitude à Scicy, près de Coutances, où son rayonnement lui attira une foule de disciples. Aux dires des historiens anciens, on n'avait pas vu le monachisme parvenir à une telle fécondité depuis saint Martin.
L'an de grâce 1783, saint Benoît Labre. Ne pouvant s'adonner à aucun genre de vie religieuse régulière, ce chrétien français, originaire d'Amettes, près de Boulogne-sur-Mer, vécut en simple pélerin, dans le détachement et la prière continuelle. Il mourut au terme d'une pérégrination qui l'avait amené jusqu'à Rome.
18 AVRIL
Au monastère cistercien des Dunes en Flandre, l'an 1167, le bienheureux Idesbald. Après la mort de sa femme et de ses enfants, il entra aux Dunes à un âge avancé. Il en devint abbé. Les douze années de son gouvernement furent très prospères. Son corps levé de terre fut retrouvé intact en 1237 puis en 1624.
A Paris, l'an de grâce 1618, la bienheureuse Marie de l'Incarnation. Epouse et mère de famille chrétienne exemplaire, Madame Acarie se consacra à l'établissement, en France, des carmels issus de la réforme de sainte Thérèse d'Avila. Devenue veuve, elle se retira dans l'un d'eux, sous la juridiction de sa propre fille. La souffrance marqua les courtes années de sa vie religieuse.
19 AVRIL
L'an de grâce 1054, saint Léon IX. Evêque de Toul d'origine alsacienne, il fut élevé au souverain pontificat à la diète de Worms, en 1049, puis confirmé par le clergé et le peuple romain. Il s'efforça avec succès de ranimer la vie de l'Eglise latine, mais connut la douleur de voir la consommation du schisme entre l'Orient et l'Occident. Les anathèmes réciproques lancés à cette occasion ont été levés le 7 décembre 1965 par le pape Paul VI et le Patriarche Athénagoras pour en effacer la mémoire et ouvrir la voie vers l'unité. Pontife voyageur, il consacra, dans son ancien diocèse, les églises de Remiremont et Saint-Maurice d'Epinal.
20 AVRIL
En Belgique, au XIIème siècle, la bienheureuse Oda, qui consacra au Christ seul sa beauté physique ; et en Italie, au XIVème siècle, sainte Agnès, dominicaine, qui sut harmoniser, dans le renoncement, action et contemplation.
21 AVRIL
Mémoire de saint Anselme. Originaire du Piémont, il fut attiré à l'abbaye bénédictine du Bec-Hélloin, en Normandie, renommée par son école dirigée par Lanfranc. Moine, puis abbé, il se mit en recherche d'une meilleure intelligence de la foi, grâce à une méthode scholastique décisive pour l'avenir de la théologie. Elu plus tard archevêque de Cantorbery, il dut, malgré son amitié personnelle pour le roi d'Angleterre, lutter en faveur de la liberté religieuse de l'Eglise, puis mourut en 1109.
L'an du Seigneur 1163, le bienheureux Fastrède. Saint Bernard choisit ce moine austère comme abbé pour la fondation de Cambron. Lorsqu'il fut rappelé à Clairvaux par ses frères pour succéder au bienheureux Robert de Bruges, cette nouvelle l'effraya tant, que d'abord il se cacha. Dans la suite il dut même présider tout l'Ordre comme huitième abbé de Cîteaux.
22 AVRIL
A Vitorchiano, en Italie, la bienheureuse Maria-Gabriella Sagheddu, remarquable dès le début de sa vie monastique par sa joie et sa fidélité. Le Seigneur accepta l'offrande de sa vie pour l'unité des chrétiens, le 23 avril 1939. Elle a été proclamée bienheureuse le 25 janvier 1983. Sa dépouille intacte repose en la chapelle de l'unité au monastère cistercien de Vitorchiano.
23 AVRIL
La naissance au ciel de saint Georges, martyrisé au IVème siècle sous la persécution de Dioclétien. Son culte très ancien, d'abord localisé à Lydda en Palestine, connut une grande popularité à l'époque des croisades. Il est honoré comme un soldat, vainqueur des forces du mal symbolisées par un dragon. Saint Georges est le patron de l'Angleterre, ainsi que celui de l'Ethopie, où il est représenté en de nombreuses fresques.
24 AVRIL
A Angers, l'an de grâce 1868, sainte Marie de Sainte Euphrasie Pelletier, vierge. Née à Noirmoutiers, elle entra, à dix-neuf ans, dans l'Ordre de Notre-Dame de Charité, fondé par saint Jean Eudes deux siècles plus tôt, et créa la branche des "Madeleines", dans laquelle les filles repenties peuvent mener la vie religieuse contemplative. Plus tard, elle fonda dans le même esprit, à Angers, la Congrégation du Bon Pasteur.
25 AVRIL
Fête de saint Marc, évangéliste. Il accompagna saint Paul et son cousin Barnabé, lors de leur premier voyage missionnaire à Chypre, puis seconda l'apôtre au cours de sa captivité à Rome. Les témoignages les plus anciens le présentent comme l'interprète de la catéchèse de saint Pierre et comme le prédicateur de la Bonne Nouvelle en Egypte. Ses reliques, emportées à Venise au IXème siècle, furent partiellement restituées au patriarche d'Alexandrie par le pape Paul VI, en signe de la volonté de communion entre l'Eglise romaine et l'Eglise copte.
En Avignon, l'an 1342, le bienheureux Benoît XII. Il avait été moine cistercien de Boulbonne et abbé de Fontfroide, puis évêque de Pamiers et de Mirepoix. Devenu pape, il eut à coeur la réforme de la discipline ecclésiastique et l'étude. Il laissa ses directives à l'Ordre de Cîteaux dans la célèbre constitution "Fulgens sicut stella matutina".
26 AVRIL
Au IXème siècle, la naissance au ciel de saint Paschase Radbert, abbé de Corbie, qui renonça très tôt à cette charge pour se retirer à l'abbaye de Saint-Riquier. Théologien érudit, il fut le premier à composer un traité doctrinal sur l'Eucharistie, qui le range parmi les grands témoins de la foi de l'Eglise sur ce mystère.
A San Isidro, en Espagne, le bienheureux Rafaël Arnaiz Baron. Eprouvé par une pénible maladie, il dut quitter trois fois le monastère et y revint en gage d'une réponse fidèle et héroïque à ce qu'il ressentait être l'appel de Dieu. Sanctifié dans la joyeuse fidélité à la vie monastique, il s'endormit dans le Seigneur le 26 avril 1938 à l'âge de 27 ans. Jean-Paul II l'offrit en modèle aux jeunes et le proclama bienheureux le 27 septembre 1992. Benoît XVI l'a canonisé le 11 octobre 2009.
27 AVRIL
En Thébaïde, l'an du Seigneur 368, saint Théodore, disciple de saint Pacôme. Rempli de la grâce du Christ et bouillonnant du Saint Esprit, il se montrait habile à réconcilier les frères divisés : aussi fut-il appelé à seconder saint Pacôme et son successeur, saint Horsièsos, dans leur gouvernement et la catéchèse.
L'an de grâce 1272, sainte Zita, vierge. Fille d'un pauvre jardinier de Lucques, en Toscane, elle aidait au soin du ménage et aux travaux du potager. Elle devait ainsi consacrer toute sa vie au service d'autrui, sous le regard de Dieu.
Au XIIème siècle, à Clairvaux, le bienheureux Raynaud, premier abbé de Foigny en 1121. Comme il trouvait la charge trop lourde, il reçut quatre lettres de saint Bernard qui la lui avait confiée. "Tu sais bien, lui disait-il, que tu as été envoyé pour secourir tes frères et non l'inverse, que tu tiens la place de celui qui est venu pour servir, non pour être servi". Toutefois, au bout de dix ans, selon son grand désir, Raynaud revint auprès de Bernard à Clairvaux.
28 AVRIL
L'an de grâce 1841, saint Pierre Chanel, prêtre mariste, originaire du diocèse de Belley. Premier missionnaire en Océanie, il n'eut que peu de succès dans son travail apostolique, mais, par sa mort sanglante, il obtint la conversion de toute l'île de Futuna au christianisme.
A Saint-Laurent-sur-Sèvres, dans le diocèse de Luçon, en 1716, saint Louis Marie Grignon de Montfort, prêtre, qui se consacra aux missions populaires en Bretagne, en Vendée et en Poitou. Grand dévot de la Vierge Marie, il fonda la Congrégation des Missionnaires de la Société de Marie, et celle des Filles de la Sagesse, qui se dévouent à toute œuvre de miséricorde.
29 AVRIL
Mémoire de sainte Catherine de Sienne, vierge et docteur de l'Eglise. Tertiaire dominicaine enflammée par un dialogue constant avec son Epoux mystique, elle eut un rayonnement maternel sur ses disciples qui bénéficièrent de sa doctrine théologale, et exerça une influence décisive en faveur de l'unité de l'Eglise romaine, autour de son chef visible, vicaire du Christ sur terre. Elle s'endormit dans le Seigneur en 1380, à l'âge de 33 ans. Jean-Paul II l'a proclamée co-patronne de l'Europe en octobre 1999.
30 AVRIL
L'an du Seigneur 1842, saint Joseph Benoît Cottolengo, prêtre italien, qui fonda à Turin la petite maison de la divine Providence, au service des nécessiteux et des malades. La fondation est devenue aujourd'hui une oeuvre imposante à laquelle se rattachent une trentaine de congrégations.
AU FIL DE LA LITURGIE
12 AVRIL 2026 : 2EME DIMANCHE DE PAQUES ou de la Divine Miséricorde
Evangile selon saint Jean (Jn 20,19-31)
Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »
Or, l’un des Douze, Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), n’était pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »
Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. » Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »
Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.

Du Pape François (Regina caeli du 16 avril 2023)
Aujourd'hui, dimanche de la Divine Miséricorde, l'Evangile nous raconte deux apparitions de Jésus ressuscité aux disciples et en particulier à Thomas, «l'apôtre incrédule» (cf. Jn 20, 24-29).
Thomas, en réalité, n'est pas le seul à avoir du mal à croire, il représente un peu chacun d'entre nous. En effet, il n'est pas toujours facile de croire, surtout quand, comme dans son cas, on a subi une grande déception. Après une grande déception, il est difficile de croire. Il a suivi Jésus pendant des années, en prenant des risques et en endurant des épreuves, mais le Maître a été mis en croix comme un délinquant et personne ne l'a libéré, personne n'a rien fait! Il est mort et tout le monde a peur. Comment avoir confiance à nouveau? Comme avoir confiance dans la nouvelle qui dit qu’il est vivant? Le doute était en lui.
Mais Thomas fait preuve de courage: alors que les autres sont enfermés dans le cénacle, il sort, au risque que quelqu'un le reconnaisse, le dénonce et l'arrête. Nous pourrions même penser qu'avec son courage, il mériterait plus que les autres de rencontrer le Seigneur ressuscité. Mais, précisément parce qu'il s'est éloigné, lorsque Jésus apparaît pour la première fois aux disciples le soir de Pâques, Thomas n'est pas là et manque cette occasion. Il s’était éloigné de la communauté. Comment peut-il la récupérer? Uniquement en retournant avec les autres, en retournant là-bas, dans cette famille qu'il a laissée ef-frayée et triste. Quand il y retourne, on lui dit que Jésus est venu, mais il a du mal à le croire, il voudrait voir ses plaies. Et Jésus le satisfait: huit jours plus tard, il réapparaît au milieu de ses disciples et leur montre ses plaies, les mains, les pieds, les plaies qui sont les preuves de son amour, qui sont les canaux toujours ouverts de sa miséricorde.
Réfléchissons à ces faits. Pour croire, Thomas voudrait un signe extraordinaire: toucher les plaies. Jésus les lui montre, mais d'une manière ordinaire, en se présentant devant tous, dans la communauté, pas dehors. Comme pour lui dire: si tu veux me rencontrer, ne cherche pas loin, reste dans la communauté, avec les autres; ne t'éloigne pas, prie avec eux, romps le pain avec eux. Et il le dit à nous aussi. C'est là que tu pourras me trouver, c'est là que je te montrerai, imprimés sur mon corps, les signes des blessures: les signes de l'Amour qui vainc la haine, du Pardon qui désarme la vengeance, les signes de la Vie qui vainc la mort. C'est là, dans la communauté, que tu découvriras mon visage, alors que tu partageas avec tes frères des moments de doute et de peur, en te serrant encore davantage à eux. Sans la communauté, il est difficile de trouver Jésus.
Chers frères et sœurs, l'invitation faite à Thomas vaut aussi pour nous. Où cherchons-nous le Ressuscité? Dans un événement particulier, dans une manifestation religieuse spectaculaire ou éclatante, uniquement dans nos émotions et nos sentiments? Ou dans la communauté, dans l'Eglise, en acceptant le défi d'y rester, même si elle n'est pas parfaite?
Malgré toutes ses limites et ses chutes, qui sont nos limites et nos chutes, notre Mère l'Eglise est le Corps du Christ; et c'est là, dans le Corps du Christ, que sont imprimés, encore et pour toujours, les plus grands signes de son amour. Mais demandons-nous si, au nom de cet amour, au nom des blessures de Jésus, nous sommes prêts à ouvrir les bras aux blessés de la vie, sans exclure personne de la miséricorde de Dieu, mais en accueillant tout le monde; chacun comme un frère, comme une sœur. Dieu accueille tous, Dieu accueille tous.
Que Marie, Mère de Miséricorde, nous aide à aimer l'Eglise et à en faire une maison accueillante pour tous.

Oraison
Dieu de miséricorde infinie, tu ranimes la foi de ton peuple par les célébrations pascales ; augmente en nous ta grâce pour que nous comprenions toujours mieux quel baptême nous a purifiés, quel Esprit nous a fait renaître, et quel sang nous a rachetés. Par le Christ notre Seigneur.


JANVIER FEVRIER MARS AVRIL MAI JUIN JUILLET
AOUT SEPTEMBRE OCTOBRE NOVEMBRE DECEMBRE
J.B. Bossuet - Deuxième panégyrique de Saint Joseph
Le Seigneur s'est cherché un homme selon son coeur (1 S 13, 14)
Cet homme selon le coeur de Dieu ne se montre pas dehors, et Dieu ne le choisit pas sur les apparences, ni sur le témoignage de la voix publique. Lorsqu'il envoya Samuel dans la maison de Jessé pour y trouver David, le premier de tous qui a mérité cet éloge, ce grand homme, que Dieu destinait à la plus auguste couronne du monde, n'était pas connu dans sa famille. On présente sans songer à lui tous ses aînés au prophète ; mais Dieu, qui ne juge pas à la manière des hommes, l'avertissait en secret de ne regarder pas à leur riche taille, ni à leur contenance hardie : si bien que rejetant ceux que l'on produisait dans le monde, il fit approcher celui que l'on envoyait paître les troupeaux ; et versant sur sa tête l'onction royale, il laissa ses parents étonnés d'avoir si peu jusqu'alors connu ce fils, que Dieu choisissait avec un avantage si extraordinaire.
Une semblable conduite de la Providence me fait appliquer aujourd'hui à Joseph, le fils de David, ce qui a été dit de David lui-même. Le temps était arrivé que Dieu cherchât un homme selon son coeur, pour déposer en ses mains ce qu'il avait de plus cher ; je veux dire la personne de son Fils unique, l'intégrité de sa sainte Mère, le salut du genre humain, le secret le plus sacré de son conseil, le trésor du ciel et de la terre. Il laisse Jérusalem et les autres villes renommées ; il s'arrête sur Nazareth ; et dans cette bourgade inconnue il va choisir encore un homme inconnu, un pauvre artisan, Joseph en un mot, pour lui confier un emploi dont les anges du premier ordre se seraient sentis honorés, afin que nous entendions que l'homme selon le coeur de Dieu doit être lui-même cherché dans le coeur, et que ce sont les vertus cachées qui le rendent dignes de cette louange.
C'est un vice ordinaire aux hommes, de se donner entièrement au dehors et de négliger le dedans, de travailler à la montre et à l'apparence et de mépriser l'effectif et le solide, de songer souvent quels ils paraissent et de ne penser point quels ils doivent être. C'est pourquoi les vertus qui sont estimées, ce sont celles qui se mêlent d'affaires et qui entrent dans le commerce des hommes : au contraire les vertus cachées et intérieures, où le public n'a point de part, où tout se passe entre Dieu et l'homme, non seulement ne sont pas suivies, mais ne sont pas même entendues. Et toutefois c'est dans ce secret que consiste tout le mystère de la vertu véritable. En vain pensez-vous former un bon magistrat, si vous ne faites auparavant un homme de bien : en vain vous considérez quelle place vous pourrez remplir dans la société civile, si vous ne méditez auparavant quel homme vous êtes en particulier. Si la société civile élève un édifice, l'architecte fait tailler premièrement une pierre, et puis on la pose dans le bâtiment. Il faut composer un homme en lui-même, avant que de méditer quel rang on lui donnera parmi les autres et si l'on ne travaille sur ce fonds, toutes les autres vertus, si éclatantes qu'elles puissent être, ne seront que des vertus de parade et appliquées par le dehors, qui n'auront point de corps ni de vérité. Elles pourront nous acquérir de l'estime et rendre nos moeurs agréables, enfin elles pourront nous former au gré et selon le coeur des hommes ; mais il n'y a que les vertus particulières qui aient ce droit admirable de nous composer au gré et selon le coeur de Dieu.
Ce sont ces vertus particulières, c'est cet homme de bien, cet homme au gré de Dieu et selon son coeur, que je veux vous montrer aujourd'hui en la personne du juste Joseph. Je veux faire tout ce qui éclate pour faire l'éloge d'un saint dont la principale grandeur est d'avoir été à Dieu sans éclat. Les vertus mêmes dont je parlerai ne sont ni de la société ni du commerce ; tout est renfermé dans le secret de sa conscience. La simplicité, le détachement, l'amour de la vie cachée sont donc les trois vertus du juste Joseph, que j'ai dessein de vous proposer. Vous me paraissez étonnés de voir l'éloge d'un si grand saint dont la vocation est si haute, réduit à trois vertus si communes ; mais sachez qu'en ces trois vertus consiste le caractère de cet homme de bien dont nous parlons ; et il m'est aisé de vous faire voir que c'est aussi en ces trois vertus que consiste le caractère du juste Joseph.
Car cet homme de bien que nous considérons, pour être selon le coeur de Dieu, il faut premièrement qu'il le cherche ; en second lieu, qu'il le trouve ; en troisième lieu, qu'il en jouisse. Quiconque cherche Dieu, qu'il cherche en simplicité celui qui ne peut souffrir les voies détournées. Quiconque veut trouver Dieu, qu'il se détache de toutes choses pour trouver celui qui veut être lui seul tout notre bien. Quiconque veut jouir de Dieu, qu'il se cache et qu'il se retire pour jouir en repos, dans la solitude, de celui qui ne se communique point parmi le trouble et l'agitation du monde. C'est ce qu'a fait notre patriarche. Joseph, homme simple, a cherché Dieu ; Joseph, homme détaché, a trouvé Dieu ; Joseph, homme retiré, a joui de Dieu.
Le chemin de la vertu n'est pas de ces grandes routes dans lesquelles on peut s'étendre avec liberté : au contraire nous apprenons par les saintes Lettres que ce n'est qu'un petit sentier et une voie étroite et serrée, et tout ensemble extrêmement droite. Par où nous devons apprendre qu'il faut y marcher en simplicité et dans une grande droiture. Si peu non seulement que l'on se détourne, mais même que l'on chancelle dans cette voie, on tombe dans les écueils dont elle est environnée de part et d'autre. C'est pourquoi le Saint Esprit voyant ce péril, nous avertit si souvent de marcher dans la voie qu'il nous a marquée, sans jamais nous détourner à droite ou à gauche ; nous enseignant par cette parole que pour tenir cette voie, il faut dresser tellement son intention, qu'on ne lui permette jamais de se relâcher ni de faire le moindre pas de côté ou d'autre. C'est ce qui s'appelle dans les Ecritures avoir le coeur droit avec Dieu, et marcher en simplicité devant sa face. C'est le seul moyen de le chercher et la voie unique pour aller à lui, parce que, comme dit le Sage, "Dieu conduit le juste par les voies droites". Car il veut qu'on le cherche avec grande ardeur, et ainsi que l'on prenne les voies les plus courtes, qui sont toujours les plus droites : si bien qu'il ne croit pas qu'on le cherche, lorsqu'on ne marche pas droitement à lui. C'est pourquoi il ne veut point ceux qui s'arrêtent, il ne veut point ceux qui se détournent, il ne veut point ceux qui se partagent. Quiconque prétend partager son coeur entre la terre et le ciel ne donne rien au ciel, et tout à la terre, parce que la terre retient ce qu'il lui engage, et que le ciel n'accepte pas ce qu'il lui offre. "Nul ne peut servir deux maîtres". Dieu ne peut souffrir cette intention louche, si je puis parler de la sorte, qui regarde de deux côtés en un même temps. Les regards ainsi partagés rendent l'abord d'un homme choquant et difforme ; et l'âme se défigure elle-même, quand elle tourne en deux endroits ses intentions. "Il faut, dit le Fils de Dieu, que votre oeil soit simple", c'est-à-dire que votre regard soit unique ; et pour parler encore en termes plus clairs, que l'intention pure et dégagée s'appliquant tout entière à la même fin, le coeur prenne sincèrement et de bonne foi les sentiments que Dieu veut.
Mais ce que j'en ai dit en général se connaîtra mieux dans l'exemple. Dieu a ordonné au juste Joseph de recevoir la divine vierge comme son épouse fidèle pendant qu'elle devient mère sans qu'il y ait part, de regarder comme son fils propre un enfant qui ne le touche que parce qu'il est dans sa maison, de révérer comme son Dieu celui auquel il est obligé de servir de protecteur et de gardien. Dans ces trois choses où il faut prendre des sentiments délicats et que la nature ne peut pas donner, il n'y a qu'une extrême simplicité qui puisse rendre le coeur docile et traitable. Dieu, qui a établi son Evangile sur des contrées mystérieuses, ne se donne qu'à ceux qui se contentent de lui et se détachent des autres biens. Il faut qu'Abraham quitte sa maison et tous les attachements de la terre avant que Dieu lui dise : Je suis ton Dieu. Il faut abandonner tout ce qui se voit pour mériter ce qui ne se voit pas, et nul ne peut posséder ce grand tout, s'il n'est au monde comme n'ayant rien. Si jamais il y eut un homme à qui Dieu se soit donné de bon coeur, c'est sans doute le juste Joseph, qui le tient dans sa maison et entre ses mains, et à qui il est présent à toutes les heures beaucoup plus dans le coeur que devant les yeux. Voilà un homme qui a trouvé Dieu d'une façon bien particulière : aussi s'est-il rendu digne d'un si grand trésor par un détachement sans réserve, puisqu'il est détaché des passions, détaché de son intérêt et de son propre repos.
Mystère admirable : Joseph a dans sa maison de quoi attirer les yeux de toute la terre, et le monde ne le connaît pas : il possède un Dieu-Homme, et il n'en dit mot : il est témoin d'un si grand mystère, et il le goûte en secret sans le divulguer. Les mages et les pasteurs viennent adorer Jésus Christ, Siméon et Anne publient ses grandeurs : nul autre ne pouvait rendre meilleur témoignage du mystère de Jésus Christ que celui qui en était le dépositaire, qui savait le miracle de sa naissance, que l'ange avait si bien instruit de sa dignité et du sujet de son envoi. Quel père ne parlerait pas d'un fils si aimable ? Et cependant l'ardeur de tant d'âmes saintes qui s'épanchent devant lui avec tant de zèle pour célébrer les louanges de Jésus Christ, n'est pas capable d'ouvrir sa bouche pour leur découvrir le secret de Dieu qui lui a été confié. Erant mirantes, dit l'Evangéliste (des parents de l'enfant) : ils paraissaient étonnés, il semblait qu'ils ne savaient rien : ils écoutaient parler tous les autres ; et ils gardaient le silence avec tant de religion, qu'on dit encore dans leur ville au bout de trente ans : "N'est-ce pas le fils de Joseph ?", sans qu'on ait rien appris durant tant d'années du mystère de sa conception virginale. C'est qu'ils savaient l'un et l'autre que, pour jouir de Dieu en vérité, il fallait se faire une solitude, qu'il fallait rappeler en soi-même tant de désirs qui errent et tant de pensées qui s'égarent, qu'il fallait se retirer avec Dieu et se contenter de sa vue.
Mais, chrétiens, où trouverons-nous ces hommes spirituels et intérieurs dans un siècle qui donne tout à l'éclat ?

"C'est maintenant la nuit qui arrache au monde corrompu, aveuglé par le mal, ceux qui, aujourd'hui et dans tout l'univers, ont mis leur foi dans le Christ : nuit qui les rend à la grâce et leur ouvre la communion des saints" (Annonce de Pâques)


